Ousmane Sonko, Président de l'Assemblée nationale du Sénégal, Leader du Pastef-Les Patriotes
Depuis des semaines, une étrange confrérie d’opposants professionnels, de chroniqueurs à gages et de kulunas de prétoire avait transformé la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale en une sorte de série judiciaire à suspense. Dans leurs rêves les plus fous, il ne s’agissait pas seulement de lui arracher son mandat de député ; non, le jackpot espéré consistait aussi à lui faire perdre le perchoir de la Présidence de l’Assemblée nationale.
Le scénario était déjà écrit, les commentaires déjà enregistrés, les éditoriaux déjà préparés. Certains avaient même sorti les trompettes avant la fin du match. Il ne manquait plus que la décision du Conseil constitutionnel pour transformer leurs fantasmes politiques en réalité juridique.
Patatras !
Le Conseil constitutionnel est venu rappeler une règle élémentaire que beaucoup avaient volontairement oubliée : le droit n’est pas un buffet à volonté où chacun vient choisir les décisions qui arrangent ses intérêts politiques.
Dans sa décision, la haute juridiction a déclaré qu’elle n’était tout simplement pas compétente pour examiner ce recours, estimant que la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale relevait d’une décision administrative qui ne rentre pas dans ses attributions constitutionnelles en matière électorale.
Autrement dit, les chasseurs de trophées sont revenus de la battue avec les mains vides.
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Sénégal : Le Conseil constitutionnel se déclare incompétent, Ousmane Sonko maintenu au perchoir
Pendant que certains prédisaient la chute imminente du président de l’Assemblée nationale avec l’assurance des faux prophètes et l’enthousiasme des vendeurs d’illusions, la réalité juridique leur a servi une douche froide. Une de plus.
Il faut dire que dans certains cercles, l’obsession Sonko est devenue une discipline olympique. On le poursuit dans les tribunaux, dans les studios de télévision, dans les colonnes de journaux et jusque dans les couloirs administratifs. Quand une porte se ferme, on cherche une fenêtre. Quand la fenêtre résiste, on tente le toit. Quand le toit ne cède pas, on convoque les experts de la rumeur.
Mais le droit possède parfois cette cruauté insupportable pour les amateurs de règlements de comptes : il résiste aux passions politiques.
Les mêmes qui annonçaient avec fracas la fin politique de Sonko se retrouvent aujourd’hui à commenter une décision qui dit simplement : « Circulez, il n’y a rien à juger ici. »
Le plus savoureux dans cette affaire reste sans doute le spectacle offert par les fabricants de catastrophes nationales. Pendant des jours, ils ont vendu l’idée d’un séisme institutionnel. À l’arrivée, la montagne a accouché d’une souris juridique, et encore, une souris qui a refusé de sortir de son trou.
Le verdict est pourtant limpide : le recours est rejeté. Ousmane Sonko demeure député. Et par conséquent, les rêves de destitution éclair, les calculs de couloir et les scénarios de vacance du perchoir retournent au rayon des fictions politiques.
Une fois de plus, les kulunas du commentaire prématuré avaient déjà préparé l’enterrement avant même de vérifier si le patient était mort.
Résultat des courses : le cercueil est resté vide, le mandat est resté intact, et les fossoyeurs autoproclamés de la carrière politique de Sonko repartent avec leurs pelles sur l’épaule, à la recherche d’une nouvelle prophétie ratée.
Certains voulaient voir tomber le président de l’Assemblée nationale. Le rideau est tombé, mais pas sur celui qu’ils espéraient. C’est leur recours qui a quitté la scène sous les huées du droit et les applaudissements de la procédure.
Malick BA




