Actualité Economie UNE

Projet d’aménagement de Taoussa : une table ronde avec les partenaires techniques et financiers pour la relance des activités.

Le Ministre de l’Economie et des Finances, M. Alousséni SANOU a présidé ce lundi 01 mars 2021 à Bamako, la table ronde des partenaires techniques et financiers consacrée à la relance du projet d’aménagement de Taoussa dont le coût est estimé à plus de 167, 930 milliards de F CFA.

C’était lors d’une visioconférence en présence du Ministre des Mines M. Lamine Seydou TRAORE, de l’Energie et de l’Eau, du Ministre de la Réconciliation Nationale le Colonel Major Ismael WAGUE et du Ministre-commissaire à la Sécurité alimentaire, les représentants des ministères en charge de la Défense, de la Sécurité, du Directeur Générale de l’Autorité pour l’Aménagement de Taoussa, en multiplex avec les représentants des partenaires techniques et financiers qui participent au financement du projet.

Cette rencontre qui intervient onze ans et 23 jours, après la pose de la première pierre du barrage, le 06 février 2010 à Taoussa, site du barrage par les plus Hautes Autorités du Mali a permis d’une part, de faire le point de l’état d’avancement de la mise en œuvre de la feuille de route issue de la table ronde de 2018 et d’autre part, d’échanger sur les stratégies de redémarrage des travaux du barrage. Elle a été l’occasion d’examiner les voies et moyens permettant le recrutement d’une nouvelle entreprise, capable de travailler dans les conditions actuelles de la zone, en vue de la réalisation des travaux de construction du barrage et de la route d’accès Gao-Bourem-Taoussa.

Selon le Ministre de l’Economie et des Finances, le projet d’aménagement de Taoussa constitue un enjeu majeur de développement socio-économique de la sous-région en général, et du Mali en particulier et plus spécifiquement la partie nord du pays. Sa réalisation se permettra, selon les estimations, l’absorption de la quasi-totalité de la main d’œuvre de la zone tout en assurant l’autosuffisance alimentaire dans la zone, l’augmentation des revenus monétaires annuels des populations, un accroissement de près de 3% du cheptel, la production de 7 800 tonnes de poissons par an et de 118 GWh/an pour couvrir une partie des besoins en énergie de la zone.

Après avoir réaffirmé l’intérêt porté par les plus hautes autorités du pays à la concrétisation de ce projet, le ministre SANOU a rassuré les partenaires techniques et financiers sur la sécurisation de la zone dans la perspective du démarrage des travaux du Projet.

« Je voudrais saisir l’occasion de la présente table ronde pour réaffirmer et vous rassurer que le Gouvernement de la République du Mali travaille ardemment à l’amélioration des conditions sécuritaires dans la zone d’intervention du Projet. En termes d’efforts, l’Etat malien a mobilisé plus de 5 milliards de Francs CFA pour l’équipement et le déploiement des Forces Armées Maliennes et de Sécurités ainsi que la prise en charge des prestations de la société de sûreté (ADES) et la mise en œuvre des mesures de sûreté issues du plan d’actions. Parmi ces mesures, nous pouvons noter la protection des bases vie mais aussi, toute l’organisation nécessaire pour la protection des biens et des personne » a affirmé le Ministre lors de la rencontre.

A l’issue des discussions lors desquelles les partenaires techniques et financiers ont réaffirmé leurs engagements pour la relance du projet, une feuille de route et un plan d’actions et de financement seront proposés et partagés entre les différents acteurs en vue du redémarrage des activités du projet.

A la fin de la table ronde, le Ministre de l’Economie et des Finances a remercié, au nom du Président de la Transition et du Gouvernement du Mali, les partenaires techniques et financiers et a exprimé sa reconnaissance à tous les partenaires du secteur de l’énergie et de l’eau et tout particulièrement, ceux qui ont accepté de relever le défi du développement en s’engageant aux côtés du Mali pour ce projet.

PRESENTATION DU PROJET D’AMENAGEMENT DE TAOUSSA DANS SON MONTAGE INITIAL

Le barrage de Taoussa est un barrage hydroélectrique en construction sur le fleuve Niger au Mali. Sa construction a débuté le 5 février 2010. Il est situé à 130 km à l’ouest Gao, près de Bourem. La zone d’influence de cette retenue s’étendra jusqu’à Koryoumé région de Tombouctou.

Les objectifs opérationnels du projet d’aménagement :

– la réalisation d’un barrage au fil de l’eau au droit du défilé de Taoussa avec une digue en enrochement à noyau étanche de 1 km de long et 18 m de hauteur maximum, la crête est fixée à la côte 262 m qui créera un réservoir de 3 milliards de m3 dont le remous sera ressenti au niveau de Diré, un évacuateur de crues de 3100 m3/s avec 10 passes vannées, une écluse combinée à un quai pour l’accostage afin d’assurer la continuité du transport fluvial ;

– la réalisation d’une route d’accès de 130 km reliant la ville de Gao à Taoussa (site du barrage) en passant par Bourem ;

– l’aménagement hydro-agricole de 139 000 ha dont 3 500 ha prévus pour compenser les terres perdues du fait du réservoir artificiel qui sera créé ;

– l’équipement de la centrale hydroélectrique d’une puissance installée à terme de 25 MW pour un productible annuel de 118 GWh ;

– la construction de la cité d’exploitation ;

– la construction de lignes de transport d’électricité de 90 KV et de quatre postes de transformation ;

– la réinstallation, l’indemnisation et/ou la compensation des populations affectées par le Projet à travers la mise en œuvre des plans de gestion environnementale et sociale et de réinstallation des populations.

Les partenaires techniques et financiers engagés dans le projet sont :

– le Groupe de la Banque Islamique de Développement (BID) ;

– le Fonds de l’OPEP pour le Développement International (OFID) ;

– la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA) ;

– le Fonds Saoudien de Développement (FSD) ;

– le Fonds Koweitien pour le Développement Economique Arabe (FKDEA) ;

– le Fonds d’Abu Dhabi pour le Développement ;

– la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) ;

– la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ;

– la République Populaire de Chine à travers EXIM BANK.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *